Promo: The Deans

Rock
County Galway
5419

Ils sont donc trois. Gavin Dean, chant, guitare, clavier et harmonica.
Ronan Lally, basse et chant. Gari Keon, batterie et chant. Irlandais.
Made in Galway. On vous laisse chercher sur la carte. Voilà, c’est ça, au
milieu à gauche… En “vis-à-vis” de Dublin ou pas loin.

Il y a quelques années, avec un nom pareil, ils auraient rejoint tout un
quarteron de groupe “en the avec un s à la fin”. Pas pour longtemps
OK, ne serait-ce parce qu’avec leurs coupes de douilles limite postWoodstock,
ils auraient eu du mal à passer pour des hipsters de la
cause indie rock traînant leur désoeuvrement dans on ne sait quel
bouge (ou loft) new-yorkais.

Quelques années plus tôt encore, ils auraient tous pris le patronyme de
Dean, Gavin Dean (bon, c’est clair, lui n’aurait pas eu grand effort à
fournir…), Ronan Dean et Gari Dean, laissant croire – ou juste
supposer – qu’ils étaient frangins, avec ou sans des “One, two, three,
four…’ au début de chacune de leurs chansons.

Sauf que voilà. The Deans est bel et bien un groupe de son époque.
Pas nostalgique pour deux ronds – sans renier pour autant les
influences des grands anciens, qu’elles touchent au blues parce que
papa avait une grosse collection d’albums vinyles du genre (Gavin) ou
musiques traditionnelles rurales (Gari).

Bon, il y a aussi eu Nirvana et “Smells Like Teen Spirit”. “Ça a
carrément changé ma vie !”, confesse Gavin. Pareil pour Ronan :
“C’est ma grande sœur qui me l’a fait découvrir. Je me souviens encore
du jour où je l’ai entendu depuis sa chambre…”
Tiens, un trio, comme par hasard… Ben oui, en fait. Ou pas loin.
“C’est déjà suffisamment compliqué de monter un groupe à trois pour
éviter de le faire à quatre”, plaisante Gavin, jamais le dernier pour un
bon mot. Normal en même temps quand on écrit tous les textes…
“À l’époque (de la formation du groupe), nous étions pas mal branchés
Cream poursuit-il. Ceci explique peut-être cela. Le format trio était
beaucoup plus simple dans bien des domaines. Et surtout ça
fonctionnait ! Et fonctionne toujours.”

Musicalement, c’est quoi, The Deans ? Si on vous dit que, pour le
coup, c’est un peu la question à un million de dollars, ça vous va
comme… réponse ? Non, hein ? Remarquez, on aurait un peu deviné
tout seul… le souci est qu’ils sont les premiers à brouiller les pistes. On
jurerait presque qu’ils y prennent plaisir. Du rock ? De la folk ? De la
pop ? Y en a ! Plein !

On vous a déjà fait le coup cent fois, on sait. Pourtant, difficile de dire
autre chose des garçons que les styles, les genres, les chapelles, ils les
font voler, en éclats souvent. Leur truc à eux, ce sont les chansons.
Tout pour les chansons. Tout au service des chansons.

C’est encore plus vrai aujourd’hui, comme l’explique Gavin : “Jusqu’à
il y a très peu de temps, on se fixait des objectifs, des pressions du style
‘si on fait un truc bluesy, faut vraiment que ça sonne bluesy’.
Aujourd’hui, on s’en fout. Si l’on considère que ça sonne, que
l’introduction d’un synthé apporte quelque chose au son, on fonce. On
se pose beaucoup moins de questions.”

On vous a AUSSI déjà fait le coup cent fois, mais voilà, on ne voit pas
comment dire les choses autrement : The Deans est un groupe qui
arrive à maturation. Pas illogique après sept ans d’existence, des
tournées incessantes à travers le globe et parfois dans des conditions
qui, à l’instar des voyages en général, forment la jeunesse…

Une maturation qui leur permet clairement de garder la tête sur les
épaules. Un exemple parmi d’autres ? Après deux singles (“Worried
All the Time”, “Subterranean Wanderer”) et un EP (Roomworks,
Vol.1) et a fortiori le succès de “Lonely Like Me” qui leur permit de
remporter aux Etats-Unis le prestigieux tremplin Unsigned Only Song
dont le jury se composait d’Iggy Pop, Cyndi Lauper et Chrissie Hynde
(Pretenders), ils pourraient avoir envie de passer à la case album. “On
verra ça en temps et en heure”, semble être le mot d’ordre général.

Ce sera donc un nouvel EP dans l’immédiat. “Parce qu’un EP est plus
viable économiquement à ce moment de notre progression, on ne va
pas se le cacher, admet Gavin. Ce n’est pas un problème de ‘matériel’.
Avec toutes les chansons que nous avons emmagasinées, on aurait de
quoi faite trois albums, au minimum. On verra ce qui se passera par la
suite…”

Entre présent et avenir, The Deans ont de quoi occuper le terrain. Ça
tombe bien, c’est ce qui leur tient le plus à cœur. “Jouer devant des
publics de plus en plus importants, partager notre musique avec eux,
partager un moment, une expérience, voilà ce que l’on veut, insiste
Gavin. Si on devait résumer notre envie à seul but, un seul objectif, ce
serait celui-là.

Les choses sont parfois bien faites. Vu la propension du groupe à
enchaîner les dates et les concerts, The Deans, ça se passe forcément
près de chez vous…

Xavier Bonnet – Rolling Stone – 2014

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